Publié par Tagaty dans Huiles le 29/10/2019 à 10:00
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Cette page rassemble ce qui était éclaté sur trois articles de 2019 : celui-ci, une liste d’huiles à tester, et une page sur le ricin. J’ai gardé l’ossature de choix, qui était bonne, retiré toute la section sur la porosité, qui n’a aucun point d’appui, et ajouté le seul bénéfice qu’on puisse décrire honnêtement : la glisse.
Une huile végétale est un mélange de triglycérides d’acides gras : trois chaînes grasses accrochées à un glycérol. C’est une phase lipidique, hydrophobe. Posée sur un cheveu, elle fait trois choses réelles :
Ce paragraphe était juste dans la version d’origine, je le garde ; pas ce qui l’entourait. « Renforce de l’intérieur », « restructurant », « nourrit en profondeur » : le cheveu est une structure morte, rien ne le nourrit et rien ne le répare. Ce qu’on obtient est une compensation mécanique de surface, éliminée au lavage suivant.
Autre précision : une huile ne contient pas de protéines. L’ancienne liste en attribuait au ricin et à l’avocat. C’est impossible — les protéines de la graine restent dans le tourteau, ce qu’on presse est la phase grasse.
Sur cheveu crépu, ce qui est mesuré n’est pas un manque d’huile mais une fragilité mécanique : des nœuds sur 10 à 16 % des tiges contre 0,15 % dans les groupes comparés, et une durée de vie en fatigue de 12 600 cycles contre 23 200.
Le démêlage est le moment où ces chiffres se paient. Une huile qui fait glisser les cheveux les uns sur les autres réduit la force nécessaire pour passer le peigne, donc la casse. C’est petit, c’est physique, et ça se vérifie à la main. Je remplace donc toute la section « quelle huile selon votre porosité » par une seule question : est-ce que cette huile me fait gagner au démêlage ?
Certaines huiles entrent partiellement dans le cortex. La règle est géométrique : rien au-dessus d’environ 1 à 1,5 nanomètre ne franchit la cuticule, et parmi les acides gras, les chaînes courtes et linéaires passent mieux que les longues et encombrées. L’acide laurique de l’huile de coco est le cas d’école.
Mais entrer n’est pas un bénéfice en soi, et c’est là que la version d’origine se trompait en promettant un renforcement. Sur cheveu texturé, l’huile la plus pénétrante testée, l’argan, dégrade la résistance à la fatigue de 73 % sur cheveu vierge ; sur cheveu décoloré, les trois huiles testées la dégradent. On vendait donc comme un avantage ce qui, mesuré, est parfois une perte. Je ne généralise pas ce résultat à toutes les huiles, mais il suffit à sortir « pénétrant donc renforçant » du raisonnement.
L’ancienne version indexait le choix sur la porosité : faible porosité et cheveu épais seraient « sensibles » aux huiles, cheveu poreux les supporterait. Il n’existe aucune borne chiffrée publiée séparant faible, moyenne et haute porosité, et le test du verre d’eau n’a aucune validation publiée. Un conseil bâti sur une échelle qui n’existe pas ne peut pas être suivi.
L’observation de départ est réelle : certaines têtes durcissent avec certaines huiles. Ce n’est simplement pas la porosité qui l’explique, et on n’a pas besoin d’une théorie pour le gérer — on teste.
Le prix. Une huile exotique chère n’est pas meilleure. Le tournesol, l’olive, les pépins de raisin, l’avocat et le coco s’achètent en grande surface et font le même travail physique.
Le caractère pénétrant ou non. Il ne sert qu’à une décision : ce qu’on met avant le lavage. Pour tout le reste, la question ne se pose pas.
Votre tolérance. C’est le critère qui décide, et le seul qu’on puisse mesurer soi-même.
C’était le meilleur conseil de la version d’origine, et le seul de tout le blog qui admette la variabilité individuelle au lieu de la nier. Voici comment le mener proprement.
Ce qui marche : la mèche glisse, elle est souple, elle brille un peu. Ce qui ne marche pas : elle durcit, s’emmêle, devient rêche, ou reste grasse le lendemain sans rien apporter. Dans ce cas, trois issues — baisser la fréquence, diluer l’huile en cause dans une huile plus légère, ou l’abandonner. Une huile que vos cheveux ne supportent pas n’a aucun bénéfice caché.
Testez sur de petits flacons, et recommencez de temps en temps : un cheveu plus long ou passé à la chaleur ne réagit pas comme il y a un an.
Riche en acide laurique — chaîne courte et linéaire — c’est la plus pénétrante des huiles courantes, et la seule qui ait des données propres sur la limitation du gonflement pendant le lavage. C’est aussi celle qu’une bonne partie des têtes ne supporte pas, la trouvant asséchante : c’est fréquent, et ce n’est pas dans leur tête.
Acide oléique majoritaire, huile lourde, bonne glisse, odeur marquée. « Combat les pellicules et la chute » : allégation nue, et la chute relève d’un avis médical, pas d’une huile. À retenir pour plus bas : c’est un substrat de choix pour les levures du cuir chevelu.
Épaisse, enveloppante, agréable avant le lavage. Pas de protéines, et pas de protection solaire : un film gras n’est pas un filtre UV.
Ce n’est pas une huile au sens chimique mais une cire liquide, faite d’esters et non de triglycérides. Elle reste en surface, légère et peu odorante : bon choix de finition quand on veut un film sans lourdeur.
Très visqueuse, très couvrante, composée presque uniquement d’acide ricinoléique. Sur la pousse : je n’ai trouvé aucune publication documentant un effet du ricin sur la vitesse de croissance. C’était pourtant le titre de l’ancienne page. Deux réserves pratiques. Sa viscosité favorise l’accumulation. Et des cas d’emmêlement massif et brutal de la chevelure ont été rapportés après usage d’huile de ricin : c’est rare, mais assez décrit pour ne pas l’ignorer. Sur les cils, que l’ancien article recommandait sans la moindre réserve : c’est une zone de muqueuse, il faut au minimum un test cutané, aucun contact avec l’œil, et l’arrêt au premier picotement.
Riche en acide linoléique, légère, bon marché, presque inodore, très bien tolérée. C’est l’huile de dilution par excellence pour adoucir une huile plus lourde sans l’abandonner.
Même usage que le tournesol : légère, non pénétrante, bonne glisse, peu grasse. Un bon premier choix quand on ne sait pas par où commencer.
« Favorise la repousse », disait l’ancienne liste : aucune donnée en ce sens. C’est une huile lourde parmi d’autres.
L’effet documenté du bain d’huile avant shampoing n’est pas de « nourrir ». C’est de limiter le gonflement de la fibre pendant le lavage, et donc de réduire la perte de protéines mesurée ensuite. Ce résultat concerne essentiellement l’huile de coco, grâce à l’acide laurique : testées dans les mêmes conditions, l’huile minérale et l’huile de tournesol ne l’ont pas reproduit.
Je ne mets donc pas les autres huiles sur le même plan. Un bain d’huile d’avocat ou d’olive avant le shampoing peut être agréable et faciliter le démêlage ; il ne fait pas la même chose. En pratique : cinq à dix millilitres pour une chevelure mi-longue, sur les longueurs et les pointes, quinze à trente minutes avant le shampoing. Laisser plus longtemps n’apporte rien de démontré.
Le blog se contredisait : cette page interdisait l’huile sur le cuir chevelu, d’autres recommandaient de l’y masser. Je tranche.
Le cuir chevelu est un tissu vivant : il n’y a pas de raison de principe de lui interdire un corps gras, et le massage est agréable et sans danger. Mais l’huile n’y « nourrit » pas les racines, et il existe une vraie contre-indication. Les levures du genre Malassezia, impliquées dans les pellicules et la dermite séborrhéique, sont dépendantes des lipides : elles ne fabriquent pas leurs acides gras et se servent de ceux qu’elles trouvent. L’huile d’olive sert d’ailleurs à les cultiver en laboratoire.
Donc : cuir chevelu calme, faites comme vous le sentez. Pellicules installées, plaques rouges, démangeaisons persistantes : gardez l’huile sur les longueurs, et allez voir un médecin ou un dermatologue au lieu de changer d’huile.
Une huile fait un film, elle fait glisser, elle ralentit la sortie de l’eau. C’est tout — et c’est déjà beaucoup quand le vrai problème est la casse. La chère ne vaut pas mieux que celle du supermarché, la porosité ne choisit rien, et la seule donnée qui vaille est celle de votre propre mèche.
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