Publié par Tagaty dans Pellicules le 01/10/2019 à 10:00
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La version précédente de cet article opposait des « pellicules sèches », signe d’un cuir chevelu sec et sensible, à des « pellicules grasses », signe d’un excès de sébum. Ce modèle est faux, et il oriente tout le reste : si on croit à un manque d’eau, on met de l’huile ; si on croit à un excès de sébum, on décape. Les deux entretiennent le problème. Voici ce qui est réellement décrit.
Le mécanisme admis repose sur trois éléments qui doivent être réunis en même temps.
Le résultat est un renouvellement accéléré et désorganisé des cellules de surface : au lieu de se détacher une par une, elles partent en amas visibles, avec des démangeaisons.
La distinction « sèches / grasses » ne tient pas, parce qu’il ne s’agit pas de deux maladies : les pellicules sont l’expression la plus légère d’un continuum qui va jusqu’à la dermatite séborrhéique. Un cuir chevelu peut squamer et tirailler sans manquer d’eau. Et cette distinction n’a aucune conséquence pratique : le geste utile est le même.
Ce que cette distinction masquait mérite en revanche d’être dit : un cuir chevelu qui pèle après une décoloration, un défrisage ou un shampooing trop décapant, ce ne sont pas des pellicules, et ça ne répond pas aux produits antipelliculaires.
Aucun de ces actifs n’était mentionné dans la version de 2019. Ce sont pourtant les seuls sur lesquels il existe des essais.
Un mot sur le pyrithione de zinc, parce qu’il revient dans tous les articles traduits de l’anglais : c’était l’actif historique, il est interdit dans les cosmétiques dans l’Union européenne depuis le 1er mars 2022, à la suite d’un classement CMR. Un article qui vous le recommande ne décrit plus ce que vous trouverez sur une étagère française.
Sur l’efficacité : un essai multicentrique randomisé comparant un shampooing au kétoconazole 2 % et un shampooing au pyrithione de zinc 1 %, sur des pellicules sévères et des dermatites séborrhéiques, a montré une baisse des squames dans les deux groupes, à l’avantage du kétoconazole. Ce sont des baisses de score, pas des disparitions définitives : à l’arrêt, ça revient, parce qu’on ne supprime pas la levure — on la contient.
Sur cheveux crépus ou texturés, deux shampooings par semaine sont souvent trop pour les longueurs. La parade est simple : produit sur le cuir chevelu uniquement, temps de pose, rinçage, puis après-shampooing sur les longueurs seules. Et on ne gratte pas : les ongles entretiennent l’irritation et cassent les cheveux à la racine.
Consultez un médecin ou un dermatologue dans ces situations :
Ces situations relèvent d’un traitement sur ordonnance. Ce n’est pas dramatiser : c’est éviter de perdre six mois.
C’était le meilleur réflexe de la version de 2019, et je le garde. Déposez une goutte du produit tel qu’il sera utilisé, donc déjà dilué, au pli du coude. Laissez 48 heures sans laver et sans rien appliquer d’autre dessus. Rougeur, démangeaison, petites vésicules : on n’utilise pas.
Sa limite doit être dite : ce test dépiste une réaction franche, pas une sensibilisation qui s’installe après des semaines d’usage. Un produit bien toléré pendant des mois peut se mettre à réagir. C’est particulièrement vrai des huiles essentielles.
Autre conseil que je garde : lavez brosses, peignes et accessoires à l’eau chaude savonneuse toutes les une à deux semaines, changez la taie d’oreiller régulièrement, ne partagez pas vos peignes. Précisons ce que ça fait : ça ne fait pas partir les pellicules, puisque la levure est sur votre peau et non sur la brosse ; ça évite de réétaler du sébum oxydé et des squames. C’est de l’hygiène, pas un traitement.
Elles peuvent apporter de la fraîcheur, un rituel, et pour certaines huiles essentielles une activité antifongique réelle. Elles ne peuvent pas égaler un shampooing formulé, qui contrôle la dose, le temps de contact et la stabilité du produit.
La seule donnée clinique correcte que j’aie trouvée porte sur l’huile essentielle de tea tree : un shampooing dosé à 5 % contre un placebo, chez 126 personnes, pendant 4 semaines, avec une baisse du score de sévérité de 41 % contre 11 %. Deux réserves : c’est un essai unique, sans réplication que j’aie trouvée ; et surtout c’est un shampooing formulé à 5 %, pas cinq gouttes jetées dans un litre d’eau.
Il faut aussi le dire avant d’en proposer quoi que ce soit : le tea tree est un sensibilisant de contact fréquent, et son pouvoir allergisant augmente avec l’oxydation du flacon — flacon entamé, lumière, chaleur. Sur un cuir chevelu déjà irrité, ce n’est pas anodin.
Les deux lotions de la version de 2019 posaient trois problèmes. Les gouttes d’huile essentielle étaient versées dans une infusion sans solubilisant : elles flottent en surface et arrivent pures sur la peau. La menthe poivrée y était recommandée sans réserve, alors qu’elle est contre-indiquée chez la femme enceinte et le jeune enfant. Et aucune durée de conservation n’était donnée pour deux préparations aqueuses en vaporisateur — « à conserver au frais » ne veut rien dire.
Le vinaigre de cidre, une cuillère à soupe dans un litre d’eau en dernier rinçage, enlève les résidus calcaires et donne de la brillance. Je n’ai trouvé aucune donnée montrant un effet sur Malassezia à cette dilution : à garder comme confort, pas comme traitement. Quant au romarin, souvent présenté comme antipelliculaire, je n’ai trouvé aucun essai clinique le concernant dans cette indication ; l’activité antifongique décrite l’est in vitro, à des concentrations qui n’ont rien à voir avec celles d’un rinçage.
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