Publié par Tagaty dans Routine capillaire le 30/06/2019 à 10:00
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La version de 2019 de cette page tassait deux sujets sans rapport : la méthode L.O.C. et le greenhouse effect. Je les sépare. Il n’est question ici que de l’ordre d’application L.O.C. — de ce qu’il fait, de ce qu’il ne fait pas, et de ce qu’on ne sait pas à son sujet.
L.O.C. veut dire Liquid, Oil, Cream : sur cheveux propres et encore humides, on applique un liquide, puis une huile, puis une crème, en couches successives. Les variantes changent l’ordre ou ajoutent une couche — L.C.O. intervertit la crème et l’huile, L.O.C.B. ajoute un beurre à la fin.
Il faut le dire clairement, et sans mépriser la pratique : L.O.C., L.C.O. et leurs dérivés sont des conventions nées de la communauté capillaire, pas des concepts de la littérature scientifique. Dans les bases que j’ai pu interroger, je n’ai trouvé aucune publication comparant l’ordre L-O-C à l’ordre L-C-O, ni aucune mesure de rétention d’eau départageant les deux. Ce n’est pas une raison de jeter la méthode : un ordre d’application peut être commode, reproductible, et vous éviter d’oublier une étape. C’est une raison de ne pas le traiter comme une règle, et de ne pas culpabiliser si vous appliquez « dans le mauvais ordre ».
Deux affirmations de la version de 2019 doivent tomber. L’intertitre annonçait que la méthode allait « hydrater et nourrir » les cheveux : rien ne nourrit une fibre morte, il n’y a au-delà de la racine ni circulation, ni métabolisme, ni assimilation. Et rien n’établit qu’un beurre « scelle » mieux qu’une crème : ce sont deux véhicules gras, plus ou moins occlusifs et plus ou moins lourds, pas deux niveaux de qualité.
| Couche | Ce qu’elle fait réellement | La limite |
|---|---|---|
| Liquide | Mouille la fibre, la fait gonfler, la rend momentanément plus souple à manipuler | L’eau s’évapore en quelques heures ; les cycles gonflement-dégonflement fatiguent la fibre |
| Huile | Forme un film occlusif qui ralentit l’évaporation, et fait baisser la friction entre les cheveux | Ne nourrit rien ; alourdit ; sur cheveu texturé, les huiles les plus pénétrantes ont dégradé la résistance à la fatigue dans les données que j’ai pu lire |
| Crème | Apporte de l’eau, un corps gras et surtout des agents conditionneurs cationiques qui se déposent sur une fibre chargée négativement | Le dépôt part au lavage suivant ; il s’accumule si on ne lave pas assez |
C’est la troisième ligne qui compte le plus, et c’est celle dont on parle le moins. La baisse de friction est la seule chose qu’on mesure vraiment ici, et c’est elle qui évite la casse au démêlage et au coiffage. Une crème sans rinçage bien formulée fait ce travail ; une huile seule le fait beaucoup moins bien.
Un mot sur les humectants du spray — glycérine, miel, aloe. Ils retiennent de l’eau, oui, mais leur comportement dépend de l’humidité de l’air ambiant, et je n’ai pas trouvé de chiffre consensuel indiquant à partir de quel taux d’humidité la glycérine cesse d’aider. Si vos cheveux deviennent poisseux les jours humides ou secs et rêches par temps froid, c’est probablement là qu’il faut regarder.
Un mot enfin sur le sébum, parce que l’idée revient partout : aucun ordre d’application, aucune couche de gras ne fait produire plus de sébum au cuir chevelu. La production sébacée est sous contrôle hormonal. Ce qu’on peut faire, c’est étaler le sébum déjà présent et ralentir l’évaporation. C’est différent, et c’est déjà utile.
Ce que j’observe, et que je donne pour ce que c’est — une observation, pas une mesure : le résultat dépend bien plus de la façon dont on applique que de la lettre qu’on met en premier.
Si vous voulez savoir quel ordre vous convient, la seule façon honnête est de le tester vous-même : deux semaines en L.O.C., deux semaines en L.C.O., avec les mêmes produits et les mêmes quantités, et vous jugez sur deux critères concrets — la facilité du démêlage, et l’état des cheveux au deuxième ou troisième jour. Ce n’est pas une étude, c’est un essai personnel, et c’est tout ce qu’on peut faire en l’absence de données publiées.
La méthode a été pensée pour des cheveux secs et épais, sur lesquels on peut empiler des couches. Elle a des limites qu’il vaut mieux connaître avant d’acheter trois produits.
Résumé honnête : L.O.C. est une routine de superposition qui fait deux choses réelles — ralentir l’évaporation et faire baisser la friction —, et une chose qu’on lui prête à tort, renforcer le cheveu. Prenez-la comme un aide-mémoire, pas comme une science.
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